Burkina Faso : Blaise a lui-même allumé sa braise

Scène de pillage à Ouagadougou 30 octobre 2014 Image: facebook Virgile Ahissou
Scène de violence à Ouagadougou 30 octobre 2014 Image: facebook Virgile Ahissou

Sur la base des images qui tournent sur Internet depuis mardi 28 octobre 2014, Ouagadougou est remontée contre le projet de révision de la Constitution de Blaise Compaoré. Les derniers événements avant la rédaction de ce billet font état de scènes de vandalisme orchestrées par les manifestants déchaînés et décidés à en découdre avec l’autorité de l’Etat. Le Burkina-Faso jusque-là vu, en tout cas par moi, comme un pays stable et ayant un modèle de développement appréciable vient de basculer dans la violence inutile, sombrant ainsi son avenir.

Mais en quelques mois seulement la contestation a germé et a donné les fruits inévitables prévisibles que tout le monde connaît. On a tous vu le déroulement des événements ce jeudi 30 octobre. Le président burkinabè a lui-même suscité l’arme qui demande aujourd’hui sa démission pure et simple. Se croyant fort, il disait sur Radio France Internationale que le principe d’institutions fortes prôné par Barack Obama n’est valable que si ces institutions sont dirigées par des hommes forts. Monsieur Blaise Compaoré en se présentant comme le garant de la stabilité de son pays a fait croire qu’il est indispensable. Erreur. Aucun homme n’est irremplaçable. Après 27 ans de pouvoir, considérer, comme le prétendent certains, qu’il n’y a pas de leader capable de diriger le Burkina Faso est à la limite une insulte à l’intelligence des autres acteurs politiques.

Malgré les avertissements donnés par l’opposition et les mouvements de jeunes, les partisans de la révision ont refusé d’entendre raison. Ils ont foncé tout droit jusqu’à être arrêtés par ce qui se passe aujourd’hui. Le Parlement sens dessus dessous, la télé nationale réduite au silence, les domiciles des membres du clan au pouvoir saccagés… Même le rétropédalage du gouvernement n’aura pas permis de calmer la foule en colère. Elle est décidée maintenant. La simple contestation d’un projet de révision constitutionnelle est en passe de devenir une véritable contestation du pouvoir jusqu’à demander son départ. Une extrémité regrettable, mais qu’aura bien cherchée l’autorité. Quand la foule est poussée à bout, elle devient incontrôlable et insatiable. Elle dévore tout sur son passage. Il vaut mieux ne pas la provoquer. Blaise n’aurait pas dû. Trop tard…
Vinsang AGUE

 

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