[Ironie] Burkina Faso : Le Général Gilbert Diendéré, « Prix Nobel de la paix » ?

Le Général Gilbert Diendéré doit répondre devant la justice
Le Général Gilbert Diendéré doit répondre devant la justice

C’est la saison des prix Nobel. Ce vendredi 9 octobre est attribué celui prestigieux de la paix. Très loin d’Oslo où il est remis, mon troisième œil a vu le Général Gilbert Diendéré, “ancien président du Burkina Faso” (dans sa tête) se faire remettre le Prix Nobel de la paix bien avant la remise officielle que le commun des mortels a vue.

Le Général Gilbert Diendéré aura eu un mérite au Burkina Faso : celui d’ouvrir les yeux aux dirigeants de la Transition afin qu’ils se rendent compte que certains hommes et femmes constituent des gènes de troubles à la paix dans ce pays. En effet, le coup d’Etat du 17 septembre 2015 que l’ancien patron du Régiment de sécurité présidentielle a dirigé a permis, même si c’est dans la douleur, d’identifier les vestiges du régime Compaoré qui voulaient encore torpiller le processus de renaissance du Burkina Faso après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré. Ce que la transition traînait les pas à faire depuis un an, le Général Gilbert Diendéré l’a précipité en quelques jours.

Il fallu le putsch du RSP (Régiment de sécurité présidentielle), pour que celui-ci devienne successivement RIP (Régiment d’INSECURITE présidentielle) parce qu’il a quand même mis en danger la vie du président de Transition Michel Kafando, puis RIP (Rest in peace, ‘Repose en paix’). Et oui, le coup d’Etat du 17 septembre 2015 était le coup de trop de la garde prétorienne de Compaoré qui a finalement décidé les autorités de la Transition à le dissoudre. Ainsi, une grande menace à la sécurité au Faso a été anéantie. Les autorités n’ont-elles pas parlé de l’ex-RSP comme un groupe terroriste ?

Il a aussi fallu que le Général Gilbert Diendéré fusille en quelques secondes les institutions de la Transition pour que les Burkinabé se résolvent à enfin faire le procès du régime Compaoré. Après avoir chassé du pouvoir en octobre 2014 l’ancien président Blaise Compaoré, le peuple burkinabé n’avait pas versé dans la chasse aux sorcières en traquant ses anciens collaborateurs, soutiens et suppôts. Mais le coup d’Etat de l’éphémère Conseil national pour la démocratie, a convaincu les autorités du Burkina Faso et la justice en particulier qu’il fallait maintenant faire les comptes. C’est ainsi que Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères sous Compaoré et naturellement mon Général Diendéré seront inculpés d’ «attentat à la sûreté de l’Etat». Certes pour s’expliquer à propos du putsch de septembre 2015, mais au fond ils pourraient être amenés à se prononcer sur les pages sombres des 27 ans du régime Compaoré.

En fait, un procès Diendéré ou Bassolé ne sera ni plus ni moins que celui du système Compaoré. Les deux personnalités ont vu appris le gel de leurs avoirs, et celui de treize autres personnes présumées complices du coup d’Etat du 17 septembre. Parmi elles, Eddie Komboigo et Léonce Koné, président et vice-président du parti de Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès. En tout ce sont quatre partis politiques proches de l’ancien président qui ont vu geler leurs avoirs par la justice. Ils doivent avoir une dent contre le Général putschiste. C’est lui qui fait qu’on leur coupe le blé. Quant au peuple burkinabé, il doit remercier le Général Gilbert Diendéré d’avoir, par son coup d’Etat avorté, révélé au grand jour les ennemis de la paix.

Oui, le Général putschiste a par son coup sorti le matériel nécessaire à la chirurgie du système Compaoré. Grâce à lui, le nouveau Burkina Faso naîtra, débarrassé des anomalies qui l’ont rongé un quart de siècle auparavant. C’est pourquoi, le Général mérite bien qu’on lui donne le Prix Nobel de la Paix.

 

 

 

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