Le Bénin vote et hisse plus haut son orgueil démocratique

Un électeur dans l'isoloir de vote le 6 mars à Abomey-Calavi. Il était le premier votant, arrivé très tôt.
Un électeur dans l’isoloir de vote le 6 mars à Abomey-Calavi. Il était le premier votant, arrivé très tôt.

Dans un pays où la voix du citoyen lambda compte peu, ce dernier n’a réellement le pouvoir que le jour de l’élection. Et le Béninois sait toujours en saisir l’occasion. Ce dimanche 6 mars 2016, nous avons voté pour le premier tour de l’élection présidentielle. Une élection tant attendue avec beaucoup de passion. La campagne électorale avait emballé tout le pays, l’intensité des débats sur les réseaux sociaux en est une preuve.

Ce dimanche matin, le citoyen béninois que je suis était certes mobilisé pour le travail, la couverture médiatique du scrutin pour l’ORTB, mais j’ai avant tout exercé mon droit de vote entre deux prises de vue dans mon centre de vote. Je l’ai fait, et c’était la deuxième fois que je votais pour une présidentielle, avec émotion. J’ai senti que j’avais de la valeur, que ma voix comptait, ne serait-ce que pour ce seul jour de vote. Et je n’étais pas le seul. J’ai pu apprécier l’engouement de mes compatriotes à aller choisir qui ils veulent comme président de la République.

Je l’ai apprécié à travers notamment :

  • L’extrême ponctualité de certains au niveau des centres de vote.

C’est étonnant quand on sait que le retard est un trait caractéristique des Béninois. A 6 heures 30, dans un centre de vote, des électeurs étaient déjà présents et attendaient l’ouverture du vote.

Un poste de vote prêt avant 7 heures. Quelques électeurs sont déjà présents. Abomey-Calavi le 6 mars 2016.
Un poste de vote prêt avant 7 heures. Quelques électeurs sont déjà présents. Abomey-Calavi le 6 mars 2016.
  • Les files devant les postes de vote.

Même s’il y a des bégaiements dans les opérations, les électeurs patientaient.

Dès les premières minutes de l'ouverture du vote, des files d'attente se sont formées, à Sèmè-Podji, près de Cotonou.
Dès les premières minutes de l’ouverture du vote, des files d’attente se sont formées, à Sèmè-Podji, près de Cotonou.
  • La publication sur les réseaux sociaux par certains d’une preuve de leur vote

Même le jour du vote, les réseaux sociaux qui étaient fortement utilisés lors de la campagne électorale, ont été pris d’assaut par les facebookeurs et les twittos. Beaucoup ont montré leur pouce recouvert de l’encre indélébile, signe qu’ils ont voté.

J’ai voté! #vote229 #présidentielle2016 #Bénin

Posté par Sèmèvo Koucoi sur dimanche 6 mars 2016

Le seigneur nous accompagne jusqu’au bout!

Posté par André Dossa sur dimanche 6 mars 2016

  • L’appel au vote aussi

Le journaliste Déo Gratias Kindoho est plus qu’un activiste sur le web au Bénin. Il a invité ses compatriotes à aller voter.

T’attends quoi? T’entends pas ou quoi?

Posté par Deo Gratias Kindoho sur dimanche 6 mars 2016

J’ai surtout touché du doigt l’attachement du Béninois à son droit de vote à travers les plaintes d’un citoyen qui cherchait désespérément ce dimanche matin son centre de vote. Il m’a approché alors que je quittais un centre tout découragé : “Je n’ai pas ma nouvelle carte d’électeur, l’ancienne, je l’ai perdue et je n’ai pas de pièce d’identité. Est-ce que je peux voter ?”. J’avoue que je n’ai pas eu le courage de lui dire, au risque de le blesser, qu’il ne pourra malheureusement pas voter sans l’une de ces pièces qui lui manquent. Je lui ai donc laissé un faux espoir en lui conseillant de faire le tour des postes de vote et de toujours poser son problème. Le pauvre !

Ma conclusion, c’est que le Béninois insiste pour voter

Le vote s’est globalement bien déroulé partout au Bénin. Ce n’était pas gagné d’avance pourtant au vu des conditions de préparation du scrutin. Le contexte était peu rassurant. Mais à l’arrivée, les Béninois sont près de démontrer encore une fois qu’ils sont un peuple exceptionnel, celui qui lança en 1990 la vague de démocratisation en Afrique noire.  

D’ailleurs, le Béninois en est trop fier, la démocratie est un orgueil national dans mon pays. Gare à celui qui se hasardera à l’arrêter ici. Maintenant, j’espère que le choix du peuple soit respecté.

Vincent Agué (Facebook, Twitter)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *