[Fiction] Manifs contre la Loi Travail en France : 7 bons conseils d’un dirigeant tropical à François Hollande

Dessin d'une poignée de main. Hollande aurait besoin d'une main secourable
Le président français aurait-il besoin d’une main secourable face à la crise de la Loi Travail ? Dessin d’une poignée de main. Source : https://pixabay.com/fr/poign%C3%A9e-de-main-black-blanc-amis-23611/

[Fiction]

 » Ça se passe vraiment en France ? Ce ne sont pas des images d’une capitale africaine ?  » Ces questions ne seraient pas étonnantes si on se les posait en voyant à la télé les images des manifestations de Français contre la Loi Travail.

Les manifestations contre la loi de la ministre du Travail française, Myriam El Khomri, adoptée au parlement le 12 mai 2016, prennent de l’ampleur de jour en jour. Les syndicats se radicalisent et poussent le bouchon très loin pour faire le plus de mal possible afin de faire reculer le gouvernement de Manuel Valls. Leur trouvaille, le blocage des dépôts de carburant et des raffineries. Ils n’ont pas mal trouvé, car couper l’essence revient à donner un coup d’arrêt à l’économie, à rendre la vie difficile. L’énergie, c’est vraiment la vie !

Le président français et son Premier ministre sont-ils indifférents à ce spectacle qu’offre la France au monde ? Peut-être oui, peut-être non. Une chose est sûre, Hollande et Valls ne comptent pas fléchir. Mais jusqu’où sont-ils prêts à aller dans ce bras de fer contre une partie du peuple français ? 

Imaginez que François Hollande s’en remette à un de ses pairs africains pour se tirer d’affaire. Là au moins, il a intérêt à venir apprendre des choses par ici. 

La gestion des crises similaires à celle de la Loi Travail, les pays africains en sont spécialistes. Alors, Monsieur Hollande, voici quelques bons et généreux conseils d’un président tropical sensible à votre peine. “Oeilvincent” (mon troisième oeil) a pu scanner la première mouture de 7 astuces qui du reste ont déjà fait et continuent de faire leurs preuves partout sur le continent :

  1. Essayer d’abord d’interdire les manifestations ;
  2. Prendre la précaution de bloquer l’internet, les réseaux de communication ou les réseaux sociaux qui facilitent la mobilisation ; 
  3. Si malgré cela, les syndicats bravent l’interdiction, déployer policiers, gendarmes et soldats pour encadrer les turbulents (Nota Bene : le nombre d’agents de l’ordre doit être supérieur à l’effectif possible des manifestants) ;
  4. Une fois la manif enclenchée, faire un bain au gaz lacrymogène aux têtes brûlées ;
  5. S’ils ne sont pas dissuadés, il faut leur tirer dessus ; 
  6. S’il y en a qui ne prennent pas leurs jambes à leur cou, il ne reste plus qu’à les capturer et les conduire au poste pour explications et corrections. Il faut surtout viser les meneurs ; 
  7. Radier les agents publics solidaires des manifestations 

En voilà pour les premiers conseils élémentaires à François Hollande depuis les tropiques. Dans la même situation que le président français, mon dirigeant africain imaginaire aurait lui-même appliqué ces mesures d’une efficacité sans pareil.

Mais, à ces conseils, François Hollande répondrait logiquement : “Je veux bien mais les textes ne m’y autorisent pas, c’est impossible et même horrible”. Le bon conseiller qui veut secourir un homologue en situation délicate, pourrait alors, tout aussi logiquement, lui faire remarquer que les textes ne sont rien sans les hommes pour les faire respecter.

Hollande répondrait qu’il n’y peut rien car la loi protège des citoyens et l’autorité, si puissante soit elle, ne peut violer les droits de ceux-ci. Surtout qu’en tant que président de la République, il a le devoir de protéger les Français quels qu’ils soient. “Mais alors, rétorquerait l’imperturbable dirigeant tropical, pourquoi soumettre vos concitoyens salariés à la merci des entreprises ? Je vous souhaite vraiment de ne pas être contraint de renoncer comme cela avait été le cas du projet de révision de la Constitution. Là aussi déjà vous aviez décliné mon offre d’expertise en relecture concluante, et sans tambour battants, de la Constitution. Moi-même je dois mon maintien sur mon fauteuil à ma réussite en la matière comme bien d’autres de mes homologues du continent… Donc, mon offre de consultation gratuite reste valable, cher ami !” 

Conclusion, c’est la différence entre la France et certains pays de mon beau continent. Ici, la loi protège rarement les citoyens, l’Etat de droit attend encore la disparition de l’Etat de police avant de s’installer. 

Si Hollande ne veut pas des beaux conseils de mon président imaginaire, tant pis pour lui !

Vincent Agué (FacebookTwitter)

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